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Le blog de la section académique du SNUEP-FSU Clermont, le syndicat spécifique et unitaire des PLP (Enseignants en lycées professionnels).

- Laurent Wauquiez adopte le tourniquet dans les lycées, faute de portiques de sécurité

 

LE MONDE | 06.06.2016 à 11h11 • Mis à jour le 06.06.2016 à 11h31 | Par Camille Lafrance

 

Laurent Wauquiez l’avait annoncé durant sa campagne des régionales en décembre 2015 et au début de son mandat : la région doterait ses quelque 320 lycées de portiques de sécurité tels qu’on peut en trouver dans les aéroports, afin de contrer le « terrorisme, l’intrusion d’armes à feu et le trafic de drogues ». Le nouveau président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes souhaitait expérimenter cette mesure dans quinze établissements pilotes des trois académies de Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble. C’était compter sans les réticences des conseils d’administration des établissements. Six mois après l’annonce, la région a fait marche arrière et a opté pour des tourniquets avec badge. Plus discrets, plus opérationnels… et surtout moins coûteux.

 « Dans chaque lycée test, les conseils d’administration ont refusé les portiques de sécurité », demandant d’autres dispositifs « plus adéquats », explique Agnès Marion, élue FN du Rhône, comme une remise aux normes de la clôture, des réparations des grillages ou des caméras de surveillance. Faire passer les centaines d’élèves sous un portique de sécurité aurait considérablement ralenti l’entrée dans les établissements, à moins de multiplier les équipements – et la facture finale.

Or, alors que la région avançait une prévision de 20 millions d’euros pour son plan de sécurisation, l’enveloppe a été réduite de moitié lors du vote du budget 2016. L’exécutif régional met désormais en avant d’autres outils : de grands tourniquets avec des barres métalliques et des couloirs rapides de sortie – « Comme dans le métro », rapporte Noëlle Aznar-Molliex, conseillère régionale PS-EELV de la Savoie. « Ils sont allés au plus simple : ajouter des fonctionnalités au badge de cantine », résume l’élue.

Même ainsi, le filtrage des élèves, qui doivent utiliser leur badge pour passer le tourniquet, crée des embouteillages. Et le coût reste élevé. Le Syndidat national des enseignements de second degré SNES-FSU prend l’exemple du lycée Albert-Londres à Cusset (Allier), où près de 110 000 euros ont été dépensés pour ce dispositif. Même si une liste de lycées pilotes a été établie, les conseillers régionaux n’ont aucune idée globale des coûts ni de la nature des travaux à venir. Certains se plaignent de recevoir les informations au compte-gouttes. « Il y a une vraie opacité sur ce dossier, on ne peut pas s’en satisfaire », déplore la conseillère PS-EELV, qui évoque un « déni d’instance de consultation » du personnel éducatif et de l’opposition.

Gérard Heinz, du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale, à Lyon, est heureux du « rétropédalage » sur les portiques : « Nous ne sommes pas contre la sécurisation. Mais cela peut passer par une meilleure formation des agents. Nous sommes ouverts à en discuter ensemble. »

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