• Merci à Nasr et à toute l'équipe du SNUEP-FSU Bordeaux!

     

     

    LE SNUEP N’A EU DE CESSE DE VOUS ALERTER

    Le MEDEF remet la main sur l’enseignement professionnel !

    Nos inquiétudes et alertes étaient toutes fondées : leur « révolution copernicienne » avait bien pour but que le patronat remette la main sur la formation et l’enseignement professionnels, comme une première revanche par rapport à la nationalisation de l’EP en 1959. Car n’oublions pas que l’apprentissage est de la formation initiale. Ce vendredi 9 février est donc très noir pour l’EPP !

    Avant de détailler ci-dessous les annonces de ce 9 février, revenons quelque peu en arrière. Le 16 octobre on vous écrivait :« L’enseignement professionnel public sous statut scolaire est à un tournant de son histoire. Nous sommes tout proches d’être confrontés à un basculement des priorités éducatives dans notre pays, en particulier en ce qui concerne l’éducation des jeunes issus des classes moyennes et populaires. » Le 7 novembre, on poussait un coup de gueule ironique : « Les fauves sont donc lâchés. Pauvres élèves et professeurs de LP, vous n’avez donc pas compris que vous vous fourvoyez ! L’école c’est désuet, c’est dépassé, le prof, c’est has been. Faut être un vrai winner et foncer tête baissée vers le patronat qui vous tend les bras… » Le 14 novembre, on prévoyait que l’ouverture de « négociations » sur la rénovation de l’EPP n’était qu’un leurre de plus pour nous détourner de l’essentiel, ainsi résumé par le ministre Blanquer : « L’enseignement professionnel a vocation à être plus encore une voie de réussite pour de nombreux élèves, mais il souffre d’un manque de lisibilité des diplômes, d’une adéquation imparfaite entre les formations proposées et les attentes du monde économique et d’une articulation trop limitée avec l’apprentissage ». Tiens donc ! Le 28 novembre, on comprenait que l’objectif de l’Education Nationale était de redonner les rênes de l’Enseignement professionnel aux entreprises : « L’apprentissage ouvre des perspectives" en particulier pour l’enseignement professionnel, estime le ministre de l’Éducation nationale, alors que deux concertations s’ouvrent sur ces sujets. » « Il y aura un progrès de l’apprentissage", projette-t-il, "mais aussi un progrès de la présence de stages dans nos établissements, de dimension pratique dans l’expérience des élèves et des professeurs". Ces derniers doivent selon le ministre avoir "une connaissance intime de l’entreprise".  Note aux S1 du 28/11/2017

     

    Et on a continué jour après jour que ce soit au niveau national ou au niveau académique dans nos différentes notes en particulier le 11 janvier en titrant « NON à la destructuration de l’EPP ».On est allé dans des LP en HIS, on a partagé sur les réseaux sociaux en créant #ambitionlyceepro , on a adressé à quasiment tous les PLP notre spécial numéro 200, on a moultes fois sollicité la presse (Blog dans Médiapart le 4 février sous le titre « Pourquoi ce qui se passe est grave », multiples articles dans Le Café pédagogique, Les Carnets RougesToutéduc…), on a mobilisé les 1er et 6 février et pour finir sur cette période, le national a organisé un colloque ce 8 février dont le thème était fondamental : « La formation professionnelle des jeunes : il y a des lycées pour ça ! »  

    La presse spécialisée était présente : « Les syndicats FSU du 2nd degré, SNUEP, SNETAP, SNES et SNEP lancent un appel à la mobilisation "pour l'enseignement professionnel public", à l'issue d'un colloque organisé ce 8 février sur le thème "la formation professionnelle, il y a des lycées pour ça", lesquels relèvent de l'Education nationale ou de l'enseignement agricole. Ces établissements constituent "souvent le dernier rempart pour lutter contre le décrochage scolaire" et ils permettent aux jeunes "d’accéder à un premier niveau de qualification" et à un diplôme. Mais, "une fois de plus", souligne le communiqué, "pour répondre aux exigences des seules organisations patronales, le gouvernement va accentuer les difficultés des établissements publics… » Touteduc 8/2/2018 

    Dans le Café pédagogique du 9 février : « Le 8 février, lors d'un ultime colloque, le Snuep Fsu et le Snetap Fsu se sont livrés à une critique en règle de l'apprentissage. Ils ont eu beau jeu de montrer que l'apprentissage ne s'étend que dans le post bac…Sigrid Girardin, co-secrétaire générale du Snuep, dénonce la refonte du lycée professionnel envisagée pour favoriser l'apprentissage. Et d'abord la réduction à 80 du nombre des bacs professionnels. "On veut faire des secondes indifférenciées pour que les jeunes soient plus murs et opérationnels pour entrer en apprentissage". Pour le Snuep cette déprofessionnalisation est une destruction des enseignements et une source de souffrance pour les enseignants. Le Snuep craint une véritable saignée des lycées professionnels au bénéfice de l'apprentissage. Les CFA viendraient y prendre les meilleurs élèves tout comme le financement pourrait glisser vers les CFA. «On envoie les jeunes vers un système qui se privatise et qui est pris en main par les branches professionnelles. On oublie les objectifs de formation des jeunes. »

    Et dans Les Echos du 8 février : « Pour permettre aux jeunes de se réorienter et de changer de formation, le rapport propose aussi de « recentrer les diplômes professionnels autour de familles de métiers » (socle des métiers de la relation et des services, socle des métiers de l'énergie, etc.) Le sujet risque d'être conflictuel avec le principal syndicat de l'enseignement professionnel, le SNUEP-FSU. »

    Nous avons fait le max pour vous alerter. On ne peut vous cacher que c’est dur de faire réagir car le ver est dans le fruit car l’apprentissage rapporte beaucoup et à beaucoup de monde dans le domaine des décideurs. Qui en parle de ces dangers pour l’avenir de l’enseignement professionnel ??? Néanmoins, on a senti, jour après jour, que la colère montait surtout après les annonces sur la Fonction publique et le rapport Mathiot (il faut tout mettre en parallèle) ! Et en ce 9 février, les annonces qui vont faire parler d’elles. Faudra faire fort pour nous convaincre qu’elles ne vont pas durement impacter nos LP/SEP et EREA et notre service public d’enseignement professionnel !!!

     

     

    - Augmentation de 30 euros de la rémunération des apprentis de 16 à 20 ans ;

    - Mise en place d’une prépa-apprentissage par les CFA pour acquérir prérequis et compétences.

    - Dans les collèges et les lycées, journées obligatoires d’information sur l’apprentissage.

    - Les Campus des métiers seront favorisés et développés pour accroître les passerelles entre CFA et LP ;des UFA seront créés dans tous les LP.

    - Les CFA pourront ouvrir des formations sans l’imprimatur des Régions…donc encore plus concurrentielles avec les LP !

    - Les référentiels d’activité et de compétences des diplômes seront écrits par les professionnels. Les diplômes correspondront ainsi davantage aux besoins en compétences des entreprises…NDLR : très grave pour l’enseignement général et nos citoyens élèves !!!

     

    Et pour boucler la boucle, le ministre de l’éducation nationale s’apprête à annoncer des mesures néfastes sur la voie professionnelle, sans écouter bien sûr les revendications des personnels. On ne vit plus sur la même planète… (Bulletin académique n° 202) !

     

    Faut plus dire, on ne savait pas.

    MAINTENANT, FAUT RESISTER, c’est TOUT !

     

    Le SNUEP mobilisera ses militants et tous ses moyens pour faire face au développement de l’apprentissage et à la marginalisation de la voie professionnelle scolaire.

    Quelques liens sur ce thème :

    Mediapart / Réforme de l’apprentissage : POURQUOI CE QUI SE PASSE EST GRAVE 

    https://blogs.mediapart.fr/nasr-lakhsassi/blog/040218/reforme-de-l-apprentissage-pourquoi-ce-qui-se-passe-est-grave 

    Sur le site du MEN : 20 mesures concrètes pour transformer l’apprentissage en France Information - Jean-Michel Blanque. “Le Premier ministre, Édouard Philippe, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ont présenté, vendredi 9 février 2018, le projet de transformation de l’apprentissage : 20 mesures concrètes pour transformer l’apprentissage en France.” 

    Dans Les Echos, plusieurs articles :
    Réforme de l’apprentissage : l’orientation, un point de friction majeur par Marie-Christine Corbier. “Les régions veulent être le seul pilote de l’orientation, qu’elles gèrent aujourd’hui avec l’Etat. Un sujet explosif pour le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.”
    Réforme de l’apprentissage : les mesures clefs par Alain Ruello | Marie-Christine Corbier. “Le Premier ministre va annoncer ce vendredi une vingtaine de mesures pour réformer l’apprentissage. Nombre d’entre elles vont dans le sens des préconisations du rapport Brunet.”
    Hervé Morin : « Il faut que les régions soient les patrons de l’orientation »
    Alain Ruello | Marie-Christine Corbier. “Le président de l’association Régions de France et de la Normandie revendique le pilotage de l’orientation, « clef de voûte » de la réforme de l’apprentissage.”
    Apprentissage : les régions condamnent le projet du gouvernement. “Les réactions ne se sont pas fait attendre après la publication du projet de réforme qui, selon les régions, centralise une compétence qui leur était déléguée.”
     

    Dans Le Monde : Apprentissage : les grands axes de la réforme
    L’apprentissage en France réussira-t-il sa « révolution copernicienne » ? “Le gouvernement dévoile vendredi sa réforme de l’apprentissage. Après la longue dérive qui a mis à mal un système autrefois efficace, une foire d’empoigne oppose Education nationale, entreprises, régions, Etat, déplore Philippe Escande, journaliste au « Monde ».”
     

    Et dans Le FigaroComment le gouvernement veut réformer l’apprentissage. “Après plusieurs mois de négociations avec les partenaires sociaux et les régions, le premier ministre Édouard Philippe dévoile ce vendredi les principales mesures de la réforme de l’apprentissage. Objectif : faire de cette filière une voie d’excellence.”
    Et Le Figaro pointe une mesure importante : L’apprentissage sera ouvert jusqu’à 30 ans.
     

    Côté syndicats, 

    Apprentissage : la CGT boycotte les annonces de Matignon pour ne pas servir "d’alibi".
    Voie professionnelle : Les syndicats FSU et la réforme de l’apprentissage. “Que retiendra Edouard Philippe de la concertation sur l’apprentissage ? Il présente le 9 février les grands axes de la transformation de l’apprentissage, en compagnie de JM Blanquer, M Pénicaud et F Vidal. Le 8 février , les syndicats FSU de la voie professionnelle, le Snuep et le Snetap (enseignement agricole) ont lancé un appel pour défendre la voie professionnelle scolaire. Pour eux, la "valorisation" promise ne résiste pas à l’épreuve des chiffres.”
    Et pour l’UNSA, Apprentissage : des mesures positives pour les Jeunes mais des précisions encore nécessaires
     

    Les attentes des DRH sur la réforme de la formation professionnelle et sur l’apprentissage. “Une enquête menée par l’ANDRH tente de refléter les préoccupations de terrain des responsables des ressources humaines.


  • Réforme de l'apprentissage : 

    des arbitrages politiques dangereux pour les jeunes et pour la voie professionnelle scolaire !

     

    Depuis 10 ans les politiques volontaristes de développement de l'apprentissage n'ont fait qu'accentuer le chômage des jeunes et accroître le nombre de jeunes sans solution d'emploi ni de formation. Pourtant, le gouvernement persiste : « Les 20 mesures concrètes pour transformer l'apprentissage en France » révèlent son obstination irrationnelle pour renforcer des dispositifs inopérants et inefficaces. Plutôt que de chercher à mettre en œuvre une formation professionnelle méthodique et complète, il fait le choix de dégrader les conditions d’études des jeunes.

    Par ce choix, le gouvernement dévalorise à nouveau, de façon irresponsable, la voie professionnelle publique sous statut scolaire. C’est pourtant la seule solution pour sécuriser la formation professionnelle des jeunes : sans discrimination, sans sélection, avec des taux de ruptures nettement moindres qu’en apprentissage, la voie scolaire permet chaque année de valider par un diplôme le premier niveau de qualification obtenu par environ 250 000 jeunes.

     

    En premier lieu, Edouard Philippe annonce l’implantation d’une UFA dans tous les LP : cela aura des conséquences délétères sur les conditions de travail des enseignant×es et sur les conditions d’études des jeunes. Ces implantations vont instaurer une mise en concurrence brutale entre les voies de formation et entre les filières dans les établissements ; le statut des Professeurs de lycée professionnel (PLP) sera remis en cause.

    Le gouvernement répond favorablement au MEDEF qui exige de pouvoir embaucher des apprenti×es tout au long de l’année. Ce choix implique des entrées/sorties en formation à tout moment et va désorganiser fortement les enseignements et les examens.

     

    Le 1er Ministre entend également poursuivre le développement des Campus des Métiers pour favoriser les allers/retours entre les LP et les CFA. Outre le fait que ces campus sont créés pour répondre principalement aux besoins économiques locaux, sans vraiment se préoccuper des attentes des jeunes en termes de formation, le développement de telles « vitrines » sera préjudiciable aux autres établissements qui seront siphonnés de leurs moyens et de leur public.

    Vouloir confier l'orientation professionnelle aux régions va évidemment dans ce sens, ces dernières disposant ainsi d'un outil pour canaliser les flux d'élèves vers les formations qu'elles voudront prioriser - une fois de plus les demandes des familles et des jeunes en matière d'affectation sont complètement méprisées. D'autant que ces mêmes régions organiseront des journées d'information à destination des élèves de 4ème, 3ème, 2nde et 1ère, ce qui leur permettra de faire une promotion outrancière de l'apprentissage au détriment de la voie scolaire.

     

    La rédaction des référentiels d'activités professionnelles (RAP) et de compétences va être confiée aux seules branches professionnelles qui décideront avec l'État des règlements d'examen et des référentiels de formation. Le SNUEP-FSU dénonce fermement la perte d'ambition pour les diplômes délivrés par l'Éducation Nationale : les employeurs souhaitent limiter les savoirs, notamment ceux liés à la culture générale et citoyenne, au profit de compétences qu'ils prétendent transversales, souvent floues, et centrées sur leurs besoins immédiats.

     

    Une classe de prépa-apprentissage sera proposée aux jeunes qui désireraient s'orienter vers cette voie de formation sans avoir encore réussi à signer de contrat. Cette prépa-apprentissage se déroulera "prioritairement" dans les CFA, mais pourra toutefois exister aussi dans les lycées. Cette décision arbitraire jamais discutée, ni avec la profession, ni avec les organisations syndicales démontre surtout que les sortant×es de collège ne sont pas prêts à intégrer le monde du travail dans les conditions souhaitées par les employeurs. Comme rien n'est dit sur les contenus qui y seront enseignés, il est à craindre que ces classes ne servent qu'à formater les jeunes aux "savoir-être" attendus par le patronat.

     

    Enfin, la réglementation des conditions de travail sera revue pour déroger aux 35 heures et permettre aux apprenti×es de travailler sur des horaires atypiques. Ces dernier×es sont déjà 80 fois plus exposé×es aux accidents du travail que les lycéen×nes professionnel×les. Toute aggravation des conditions de travail des apprenti×es ne pourra qu'accroître ce phénomène.

     

    Le SNUEP-FSU rappelle que valoriser la formation professionnelle initiale consiste à renforcer les savoirs professionnels et généraux ainsi que les dispositifs qui permettent de mieux préparer les jeunes à appréhender leur futur métier. En aucune façon, comme cela est le cas avec les mesures annoncées, ce ne doit être une mise en concurrence injuste et dangereuse dans le but de fragiliser toujours plus le service public d'Éducation et de répondre aux besoins des organisations patronales en main d'œuvre bon marché voire gratuite.

     

    Le SNUEP-FSU dénonce ces propositions ainsi que leurs conséquences sur les jeunes et la voie professionnelle publique.

     

    C'est le service public de la formation professionnelle scolaire qui doit être conforté et renforcé. Il permet un meilleur taux d’accès au diplôme et contribue davantage à éviter les sorties sans qualification. De plus, il offre une formation méthodique et complète assumant ainsi la double finalité des diplômes : poursuite d’études et insertion professionnelle.



  • En attendant des décisions substantielles sur notre Voie Pro , gouvernement et ministère déplacent leurs pions dans sa direction via l'Apprentissage .

    1° Diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE) 
    Ils s'autorisent à  créer des  des diplômes expérimentaux sans référentiel de formation et présentés sur Parcoursup  comme le Diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE) se substituant aux  brevets de techniciens supérieurs en Arts appliqués (BTSAA) et du diplôme des métiers d’arts (DMA)avec une 1ère année généraliste. Les syndicats de la FSU ont alerté les ministères concernés.
     http://snuep-clermont.ek.la/dn-made-un-leger-probleme-a136394894


    2° Apprentissage
    Mais ils sont vraiment très fort .

    En début de semaine remise du rapport Brunet sur l'Apprentissage
    http://snuep-clermont.ek.la/rapport-de-sylvie-brunet-pour-le-developpement-de-l-apprentissage-des--a136399130

    En fin de semaine les grands axes de la Réforme:

    http://snuep-clermont.ek.la/apprentissage-les-grands-axes-de-la-reforme-a136653864

    - principe de libre création du CFA est bel et bien inscrit au cœur de la réforme quitte à concurrencer la Voie Pro

    - prélèvement, égal à 0,85 % de la masse salariale des sociétés (soit un peu plus de 4 milliards d’euros), redescendra intégralement vers les CFA, en fonction du nombre de contrats signés avec des jeunes. En clair le Medef à la manœuvre, les Régions conserveront 250mio + 150 abondés par une autre source contre 51% précédemment!  Quant aux lycées n'ayant pas d'apprentis ?

    - 30 euros/mois  de plus pour un apprenti entre 16 et 20 ans +500 euros pour son permis!

    - le temps de travail maximum pourra être porté à 40 heures par semaine dans certains secteurs, comme le bâtiment ou les travaux publics ou la boulangerie pâtisserie

    - si une entreprise souhaite rompre un contrat d’apprentissage, elle n’aura plus à saisir les prud’hommes

    Que c'est beau toute cette liberté laissée au Patronat !

    3° Voie professionnelle : les syndicats FSU appellent à la mobilisation
    Nos syndicats avaient raison lors du colloque de jeudi
    http://snuep-clermont.ek.la/voie-professionnelle-les-syndicats-fsu-appellent-a-la-mobilisation-a136623426

    Les enseignants entre désenchantement et colère, selon la FSU
    Dans les lycées professionnels, selon Sigrid Gérardin (SNUEP), "on est en train de passer de l'inquiétude à la colère". En cause, la diminution des moyens, - 40 postes dans l'académie d'Amiens, - 60 dans celle de Créteil, la priorité donnée à l'apprentissage, avec le risque de voir les élèves faire une première année au lycée, et les meilleurs continuer leur cursus sous statut salarié. S'y ajoute la perspective d'une réorganisation des enseignements. On passerait de 80 spécialités (pour le bac pro) à une dizaine de "socles de métiers". 

    Nous vous souhaitons de bonnes vacances et vous alerterons en urgence en cas de rendu de copie de Blanquer sur la Voie Pro!




    ZAPORA Stéphane Secrétaire Académique du SNUEP-FSU
    Téléphone 06 85 51 46 79 
    Mail : stephane.zapora@gmail.com
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  • Apprentissage : les grands axes de la réforme

    Le premier ministre a présenté vendredi des mesures qui changeront radicalement la logique du dispositif.

    LE MONDE | 09.02.2018 à 12h26 | Par Bertrand Bissuel

     

    image: http://img.lemde.fr/2018/02/09/0/0/4420/2876/534/0/60/0/4d884b9_5892768-01-06.jpg

    Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, le 9 février 2018.

    Après la réécriture du code du travail, le deuxième gros chantier social du gouvernement commence à prendre tournure. Vendredi 9 février, le premier ministre Edouard Philippe et la ministre du travail Muriel Pénicaud ont dévoilé les grandes orientations de la réforme de l’apprentissage, l’un des trois volets d’un projet plus global visant à sécuriser les parcours professionnels de tous les actifs – les deux autres portant sur la transformation de l’assurance-chômage et de la formation continue. L’occasion, pour le gouvernement, d’annoncer une vingtaine de mesures qui modifient en profondeur la gouvernance du système, son financement et les règles applicables aux apprentis.

    Les mots d’ordre de l’exécutif ont déjà été entendus sous de précédentes législatures : il faut développer l’apprentissage car cette filière affiche de bons résultats en termes de retour à l’emploi. Sept jeunes sur dix qui vont au bout de leur contrat trouvent un poste six mois après. Or le nombre de nouveaux entrants dans le dispositif plafonne : un peu plus de 296 000 en 2017, soit un niveau très légèrement supérieur à celui relevé dix ans plus tôt.

    Financement chamboulé

    Pour sortir de cette langueur, le gouvernement considère qu’il faut mettre fin à la logique « administrative » qui a prévalu jusqu’à présent. A l’avenir, un centre de formation d’apprentis (CFA) pourra ouvrir sans requérir l’imprimatur des conseils régionaux (ou, dans quelques cas, de l’Etat) : le but est de répondre plus promptement aux besoins en compétences exprimés par les patrons. Une libéralisation réclamée de longue date par les instances nationales du Medef, mais qui inquiète les régions. Elles redoutent que les CFA nouvellement créés entrent en concurrence avec des lycées professionnels (LP) situés à proximité et proposant des cursus similaires.

    Afin d’éviter cet écueil, elles continueront de jouer un rôle régulateur, à travers un « schéma régional », cosigné avec les branches professionnelles – qui représentent le monde de l’entreprise, secteur par secteur. Ce « schéma » livrera une estimation, pour plusieurs années, des formations à assurer sur des métiers donnés et fixera une prévision d’investissements au profit des CFA. Attention, souligne-t-on dans l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud : il ne s’agit pas maintenir la « gestion malthusienne » qui règne aujourd’hui ; le principe de libre création du CFA est bel et bien inscrit au cœur de la réforme.

    S’agissant du financement, tout est chamboulé, là aussi. La taxe d’apprentissage, dont 51 % était reversée aux régions, va être remplacée par une « contribution alternance » en faveur des contrats d’apprentissage et des contrats de professionnalisation. Le produit de ce prélèvement, égal à 0,85 % de la masse salariale des sociétés (soit un peu plus de 4 milliards d’euros), redescendra intégralement vers les CFA, en fonction du nombre de contrats signés avec des jeunes. Un bouleversement majeur qui favorise les centres de formation dynamiques, en adéquation avec les besoins des employeurs, estime-t-on dans l’entourage de Mme Pénicaud. Mais certains CFA, dont l’équilibre financier était tributaire de subsides alloués par les régions, risquent d’en faire les frais et d’être contraints de mettre la clé sous la porte.

    Rémunération en hausse

    Les conseils régionaux ne sont pas entièrement dépouillés, contrairement à ce que certains scénarios pouvaient laisser supposer initialement. Ils conserveront une toute petite fraction de la « cotisation alternance » (environ 250 millions d’euros), notamment pour soutenir des CFA implantés dans des zones rurales et dans des quartiers relevant de la politique de la ville. Et une part de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) leur sera octroyée, à hauteur de 150 millions. Ce sont eux, par ailleurs, qui distribueront aux entreprises les aides à l’apprentissage, en vertu d’une procédure beaucoup plus lisible : à l’heure actuelle, il existe trois subventions à l’embauche et un crédit d’impôt ; ces lignes de financement seront unifiées, de manière à en faciliter l’accès pour les employeurs.

    Dans le but d’accueillir un plus grand nombre de jeunes dans les CFA, plusieurs mesures incitatives sont prises – la plus frappante étant l’aide de 500 euros attribuée aux apprentis majeurs pour passer le permis de conduire. Un coup de pouce qui cherche à répondre aux difficultés rencontrées par les intéressés pour gagner leur lieu de travail ou leur centre de formation. La rémunération des 16-20 ans, en apprentissage, sera par ailleurs revue à la hausse (en moyenne, de 30 euros nets par mois).

    Le temps de travail pourra être porté à 40 heures par semaine

    Autre disposition très importante : les apprentis, dont le contrat est interrompu avant terme (ce qui arrive dans un plus peu d’un quart des cas), auront le droit de prolonger pendant six mois leur formation au sein du CFA. Jusqu’à maintenant, une telle possibilité ne leur était pas offerte et ils perdaient une année, mentionne-t-on au ministère du travail. Le gouvernement s’engage vis-à-vis des familles et de leurs enfants à faire la « transparence » sur la « qualité » des formations offertes : seront ainsi rendus publics les taux d’insertion dans l’emploi et de réussite pour obtenir un diplôme, pour chaque CFA et pour chaque lycée professionnel. Des données seront aussi mises à disposition sur les rémunérations pratiquées. L’objectif est de permettre aux jeunes de choisir leur filière, « de façon documentée et éclairée ». Dans l’optique, toujours, d’élargir l’ouverture au système, celui-ci aura la possibilité de prendre en charge des personnes jusqu’à 30 ans – contre 26, sauf exception, aujourd’hui.

    Des mesures sont prévues pour « lever les freins », liés à la réglementation, et encourager les patrons à « s’engager dans l’apprentissage ». Ainsi, le temps de travail maximum pourra être porté à 40 heures par semaine dans certains secteurs, comme le bâtiment ou les travaux publics, la rémunération étant majorée au-delà du seuil de 35 heures ; la législation sur les horaires de travail sera également assouplie chez les boulangers-pâtissiers. Un employeur aura par ailleurs la faculté de recruter à n’importe quel moment, ce qui constitue une autre nouveauté de taille. Aujourd’hui, dans l’immense majorité des cas, c’est le cycle scolaire qui cadre la période d’embauche – le plus souvent sur le dernier quadrimestre de l’année civile. Enfin, si une entreprise souhaite rompre un contrat d’apprentissage, elle n’aura plus à saisir les prud’hommes, alors qu’elle y est tenue, actuellement, au bout de 45 jours de présence du jeune en son sein.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/02/09/apprentissage-les-grands-axes-de-la-reforme_5254306_823448.html#fOEX1jocD9IQQACA.99

  •   ToutEducle jeudi 08 février 2018.

    Les syndicats FSU du 2nd degré, SNUEP, SNETAP, SNES et SNEP lancent un appel à la mobilisation "pour l'enseignement professionnel public", à l'issue d'un colloque organisé ce 8 février sur le thème "la formation professionnelle, il y a des lycées pour ça", lesquels relèvent de l'Education nationale ou de l'enseignement agricole. Ces établissements constituent "souvent le dernier rempart pour lutter contre le décrochage scolaire" et ils permettent aux jeunes "d’accéder à un premier niveau de qualification" et à un diplôme. Mais, "une fois de plus", souligne le communiqué, "pour répondre aux exigences des seules organisations patronales, le gouvernement va accentuer les difficultés des établissements publics".

    Les syndicats sont inquiets des mesures qui vont être annoncées demain 9 février sur l'apprentissage. Ils craignent notamment que la classe de seconde [première année du cursus vers un bac pro, ndlr] ne soit partiellement indifférenciée et organisée autour d'une dizaine de "socles de métiers" destinés à donner aux jeunes une première culture générale professionnelle et de leur permettre de gagner un an en maturité avant de partir en apprentissage. Les lycées seraient "la roue de secours" pour les élèves qui ne trouveront pas de contrat d'apprentissage, souvent des filles et des jeunes "issus de l'immigration", et pour ceux qui connaîtraient une rupture de contrat.

    Les entreprises veulent-elles, et ont-elles les moyens de s'engager dans l'apprentissage ?

    Les syndicats sont toutefois dubitatifs. Les entreprises veulent-elles, et ont-elles les moyens de s'engager dans l'apprentissage ? Certains secteurs, l'électrotechnique ou le sanitaire et social par exemples, n'ont pas développé cette voie de formation. Les grosses branches, comme l'UIMM [Union des industries et des métiers de la métallurgie] ont les moyens d'implanter "un peu partout" des CFA et d'y attirer les jeunes. Ce n'est pas le cas d'autres secteurs, moins puissants. Et même quand les branches en auront les moyens, ce sera rarement en milieu rural.

    Ils sont surtout inquiets d'une réforme de la taxe d'apprentissage, alors que la part qui leur revient est essentielle pour les lycées professionnels, qui sont déjà souvent à la limite de la rupture, font-ils valoir. Les organisations syndicales redoutent également une remise en cause du système actuel, qui amène les entreprises, les représentants des salariés et l'Education nationale à élaborer ensemble les référentiels métiers et de formation.

    Et les enseignants sont agacés du discours ambiant "pro-apprentissage", qui ferait porter la responsabilité de l'inadéquation entre les formations et le marché du travail à la formation. Si certains métiers peinent à recruter, n'est-ce pas dû aux conditions de travail et aux niveaux de salaire ? Ils commencent d'être en colère à mesure que leur parviennent des informations sur les moyens affectés l'an prochain aux lycées professionnels. Et ils sont très gênés quand leurs élèves leur demandent comment s'inscrire sur ParcourSup, alors qu'ils ont le sentiment que le système a été conçus pour éliminer leurs candidatures.


  • Les enseignants entre désenchantement et colère, selon la FSU

      le mercredi 07 février 2018.

     

    Les sentiments des enseignants vont du désenchantement à la colère selon qu'ils enseignent dans le 1er degré, en lycée d'enseignement général, dans l'enseignement professionnel. Plusieurs syndicats de la FSU avaient organisé, ce 7 février, une conférence de presse pour un "bilan d'étape" après la journée de mobilisation d'hier (voir ToutEduc ici), et ils font état des inquiétudes des personnels, mais aussi de leurs difficultés à les informer et à leur faire partager leurs analyses de la politique de Jean-Michel Blanquer. Sans texte de loi débattu au Parlement, et avec un minimum de textes réglementaires, leur préférant les vademecums qui ne sont pas soumis au CTM ou au CSE (Conseil technique ministériel et Conseil supérieur de l'Education), le ministre de l'Education nationale fait passer des mesures sans qu'apparaisse leur cohérence d'ensemble, font valoir les syndicats.

    Pour le premier degré, Francette Popineau (SNUIPP) évoque "une période de désenchantement" après que Jean-Michel Blanquer a "gagné la bataille de l'opinion" sur les CP et CE1 à 12, les redoublements et les rythmes scolaires. Mais à mesure que les dotations arrivent dans les départements, "les enseignants se rendent compte" que les moyens nécessaires à la mise en place de la mesure phare n'y sont pas. Il y aurait, selon les calculs du syndicat, quelque 6 385 classes à dédoubler, pour 3 680 postes supplémentaires à la rentrée. Résultat : des effectifs plus lourds dans les autres classes, moins de "plus que maîtres que de classes" (même si les rectorats auraient mission d'en conserver 20 %), moins de remplaçants et d'enseignants spécialisés, des fermetures de classes, notamment dans le rural. Il y aurait des grèves et des rassemblements dans les départements au rythme des réunions des CDEN.

    Les enseignants seraient également inquiets de l'avenir de l'école maternelle. Ils craignent que Jean-Michel Blanquer ait la tentation de laisser le soin aux communes d'accueillir les 2 ans, mais aussi les 3 ans, la scolarité commençant à 4 ans. Ils redoutent de plus que l'accent mis sur le langage ne se traduise par l'apprentissage de listes de mots.

    Pour sa part, Frédérique Rolet (SNES) décrit des enseignants inquiets, ce dont témoigne, dit-elle, le nombre de ceux qui participent aux réunions d'information syndicales. Elle n'en a de plus jamais entendu autant qui parlent de changer de métier, parce qu'ils ne savent plus ce qu'on attend d'eux, que "leur métier perd de son sens". Mais beaucoup "ne croient plus aux mobilisations collectives". Parmi les sujets d'interrogation, la réforme du bac qui multiplierait "par deux ou trois" les temps de correction ("on va passer son temps à évaluer"), l'inversion de la logique qui fait que l'examen sera réformé avant les enseignements qui y mènent, le délai très court laissé au Conseil supérieur des programmes pour les élaborer...

    Benoît Hubert (SNEP) estime que l'éducation physique et sportive ne fait pas l'objet "d'attaques frontales", mais que "tout est diffus". Ses collègues "n'ont pas toutes les clés de compréhension" alors qu'on parle Jeux olympiques, mobilisation contre l'obésité, grand plan interministériel sur les pratiques sportives, mais que le nombre des postes mis aux concours est en diminution.

    Dans les lycées professionnels, selon Sigrid Gérardin (SNUEP), "on est en train de passer de l'inquiétude à la colère". En cause, la diminution des moyens, - 40 postes dans l'académie d'Amiens, - 60 dans celle de Créteil, la priorité donnée à l'apprentissage, avec le risque de voir les élèves faire une première année au lycée, et les meilleurs continuer leur cursus sous statut salarié. S'y ajoute la perspective d'une réorganisation des enseignements. On passerait de 80 spécialités (pour le bac pro) à une dizaine de "socles de métiers". 

    Hervé Christofol (SNESUP) évoque la difficulté d'informer des universitaires qui sont débordés par les tâches quotidiennes, et qui peuvent croire que le système ParcourSup leur permettra d'avoir de meilleurs étudiants, alors que seuls quelques établissements auront sélectionné l'élite, et que se creusera le fossé entre universités. Il dénonce une mise en place illégale, puisque la loi n'est pas votée, des "attendus" anormaux, comme la possession d'un BAFA pour aller en STAPS, ou pour le moins surprenants, comme avoir lu Balzac et Flaubert pour faire Droit à Lyon, ou d'avoir la lettre de recommandation d'un professionnel à Aix-Marseille... De plus, les capacités d'accueil diminuent dans des disciplines qui n'étaient pas "en tension". Pour les candidats qui auront reçu un "Oui si", aucun parcours n'est prévu, du moins à Marne-la-Vallée...

    Pour ce qui est de l'administration, le SNASUB dénonce les suppressions de postes (200 cette année), mais aussi l'absence de cadrage national. C'est d'ailleurs un point qu'évoquent tous les syndicats. En l'absence de textes autres que le livre-programme qu'avait publié Jean-Michel Blanquer (voir ToutEduc ici), les personnels ont "le sentiment qu'il y a quelque chose", sans parvenir à "décrypter la philosophie d'ensemble". Beaucoup de consignes seraient données par téléphone du cabinet aux recteurs, sur un mode autoritaire puisque certains d'entre eux auraient dû communiquer leurs agendas à l'entourage du ministre. Certains IEN [inspecteurs du 1er degré], sommés de faire en sorte que les "CP à 12" aient des résultats positifs, auraient conseillé aux enseignants de laisser tomber l'éducation physique pour mettre encore plus l'accent sur la lecture. Le SNUIPP annonce qu'il a lancé sa propre enquête pour un bilan de cette réforme. Les résultats devraient être publiés au mois d'avril.