• Les évolutions du bac pro : vers un nouveau diplôme ?

    Merci au SNUEP-FSU Bordeaux!

    Fabienne Maillard, enseignante en sciences de l’éducation à l’Université de Paris 8, Saint-Denis. Elle est également membre du conseil scientifique du Centre de recherche sur les qualifications (Céreq). Elle est notamment l’auteure de La fabrique des diplômés, Le Bord de l’eau, 2015

     

    Ce texte porte sur les évolutions qu’a connues le bac pro, dont la légitimité comme baccalauréat et comme diplôme professionnel a beaucoup été mise en cause, mais qui est passé récemment à une position a priori plus valorisée puisque c’est désormais le deuxième bac de France par le nombre de ses titulaires. Dorénavant préparé en trois ans, il a été officiellement mis à égalité avec les autres baccalauréats et plus étroitement relié à l’enseignement supérieur. Trente ans après sa création, ce diplôme est-il alors devenu un bac comme les autres ou bien s’agit-il d’un diplôme professionnel encore et toujours singulier ?

     

    La première partie reviendra d’abord sur le caractère innovant du diplôme, et sur les critiques qu’il a inspirées, puis la deuxième partie tissera rapidement le fil de ses évolutions jusqu’en 2007, date à laquelle a été engagée la réforme de la voie professionnelle. On questionnera enfin la nouvelle définition du diplôme produite par cette réforme.

     

    Un diplôme innovant mais un baccalauréat hétérodoxe

     

    Lorsqu’il est institué en 19851, plusieurs innovations caractérisent le bac pro. Déjà, il s’agit d’un baccalauréat « professionnel », autrement dit destiné à l’insertion professionnelle, alors que la première fonction du baccalauréat était jusque-là de permettre l’accès à l’enseignement supérieur. Mais il possède d’autres caractéristiques originales, qui le distinguent aussi bien des autres bacs que des autres diplômes de la voie professionnelle (CAP, BEP et brevet professionnel) :

    - Il se prépare en quatre ans, soit une année de plus que les autres baccalauréats. Pour avoir accès à la formation, il est indispensable de posséder un diplôme professionnel de niveau V, un CAP ou un BEP, qui sont eux-mêmes préparés en deux ans. L’entrée en bac pro est sélective et la formation longue, pour mieux assurer la légitimité du nouveau diplôme auprès des employeurs comme au sein du système éducatif… et pour assagir un peu l’audace d’une création jugée très iconoclaste.

    - C’est avec ce diplôme que se généralisent les référentiels, autrement dit un nouveau modèle de curriculum, marqué par une coupure entre formation et certification, la prédominance des objectifs du diplôme sur le procès de formation et l’approche par les compétences. Des domaines disciplinaires organisent par ailleurs des savoirs généraux, plutôt que des disciplines.

    - Le bac pro a aussi favorisé l’institutionnalisation de « l’alternance sous statut scolaire » dans le second degré. Seize semaines de périodes de formation en entreprise ont été imposées dans le curriculum du bac pro, malgré les réticences des enseignants, défavorables à l’apprentissage et à l’intervention des entreprises dans la formation.

    - Une autre innovation a été mise en place contre l’avis des syndicats enseignants : le contrôle en cours de formation (CCF), qui est une forme individualisée d’évaluation certificative.

    Or, pour les syndicats enseignants, cette modalité d’évaluation conduit à transformer les diplômes nationaux en diplômes d’établissement2.

    Ces différentes initiatives ont peu attiré l’attention des chercheurs, alors même qu’elles se sont propagées à l’ensemble des diplômes professionnels et se sont même diffusées dans l’enseignement supérieur. C’est plutôt à l’existence même du bac pro qu’ils se sont intéressés, souvent pour la mettre en cause.

    Pour de nombreux auteurs en effet, ce diplôme représente un leurre en raison de sa finalité professionnelle. À leurs yeux, ce n’est pas un vrai baccalauréat. Ils contestent ses ambitions, son caractère hétérodoxe, tout ce qui fait de lui un diplôme en rupture avec les canons académiques. Mais ils dénoncent aussi l’irruption d’un baccalauréat pour exercer des emplois d’ouvriers et d’employés. Néanmoins, alors que certains chercheurs comme Beaud ou Eckert estiment qu’il contribue à fractionner le monde ouvrier, d’autres, comme Myriam Campinos, pensent qu’il peut au contraire revaloriser le travail ouvrier.

    Le bac pro est jugé à la fois insuffisamment scolaire, puisqu’il ne mène pas à l’enseignement supérieur, et beaucoup trop scolaire, en tant que baccalauréat. Autrement dit, c’est également sur la nécessité économique du diplôme que porte la controverse. Elle est présente dès les premières publications qui traitent du diplôme, au nom des risques de déclassement des diplômés mais aussi de la production d’ouvriers-bacheliers venant prendre la place des titulaires de CAP et de BEP.

    Selon Antoine Prost, qui a fait l’exégèse de la création du diplôme, c’est principalement pour participer à la politique des 80 % d’élèves au niveau du bac que le bac pro a vu le jour. Cette création s’inscrit dans une politique très volontariste, qui veut à la fois élever le niveau général d’éducation, décloisonner la voie professionnelle et reporter l’âge d’entrée des jeunes sur le marché du travail.

     

    Les évolutions paradoxales du bac pro

     

    Malgré toutes les limites imputées au diplôme, son lancement se fait avec succès. Entre 1985 et 1990, le nombre des inscrits passe de 1 300 à près de 100 0003. Une telle augmentation n’a cependant pas été seulement spontanée, puisqu’elle repose sur quelques mesures spécifiques. Tout en dotant les établissements de moyens constants, la politique institutionnelle a ainsi procédé à une élimination en règle du CAP au profit du BEP, devenu le socle du bac pro. Un autre moyen d’assurer la croissance du bac pro était de multiplier ses spécialités, qui ont rapidement atteint la cinquantaine.

    En 2007, on en dénombrait 80, dont une vingtaine comptait moins de 100 inscrits en terminale. Des spécialités de métier coexistent avec des spécialités plus transversales, ce qui contrevient au profil défini à l’origine par le ministère. Si la demande des organisations professionnelles est souvent à l’origine de ces spécialités, pour des raisons d’image et de substitution de main d’œuvre plus que par amour du bac pro, ce n’est pas toujours le cas.

    La bureautique, par exemple, est mise en place en 1987 à l’instigation du ministère, pour donner des perspectives de poursuite d’études aux dizaines de milliers d’élèves inscrits en BEP, diplôme qui les conduit de moins en moins souvent à l’emploi et qu’ils ont rarement choisi de préparer.

    Plutôt que de supprimer les BEP du tertiaire administratif, le ministère décide de les assortir de bacs pros, afin d’offrir de nouvelles opportunités aux jeunes en formation et de favoriser à bas coût l’objectif de conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. La question de l’emploi est secondaire, sachant que les diplômes du tertiaire administratif n’intéressent ni les organisations professionnelles ni les entreprises.

    Cette initiative n’est pas sans conséquences. Dans un article de 1995, Eckert montre que si l’insertion des sortants de bac pro se dégrade depuis 1992, c’est non seulement en raison de la conjoncture économique mais aussi de l’expansion considérable des diplômés du tertiaire, dont ceux de la bureautique. Or, c’est dans les activités tertiaires que les relations entre diplômes et emplois sont les plus lâches et que la concurrence entre les diplômés est la plus vive. C’est néanmoins dans les services que les inscrits sont les plus nombreux, puisqu’ils représentent 59 % des effectifs en 1997.

    Dans ces conditions, la réussite du bac pro n’apparaît pas aussi fulgurante que ce qui a pu en être dit. Elle est en outre marquée par l’ambivalence du diplôme, qui ne permet pas les poursuites d’études que son statut devrait autoriser et n’offre pas non plus les opportunités d’emploi initialement promises. Après avoir offert à ses diplômés des perspectives d’insertion très favorables dans les premières années suivant sa création, le bac pro subit le contrecoup de la récession économique qui intervient entre 1992 et 1997. Or c’est à ce moment qu’affluent les bacheliers professionnels. Si le diplôme se révèle une protection efficace contre le chômage et la précarité, il tend souvent à se substituer aux diplômes de niveau V. Dix ans après sa création, l’espace de qualification auquel mène le bac pro est encore considéré comme « flou ».

    Sur le plan de l’accès à l’emploi, le bilan est donc mitigé mais il est carrément négatif pour ce qui concerne les poursuites d’études. Le ministère voit ainsi avec inquiétude gonfler le taux de poursuite d’études des bacheliers professionnels, qui atteint 30 % alors qu’il ne devait pas dépasser 20 %. Non seulement cette augmentation « dénature » le diplôme, mais en plus leur réussite est faible et rien n’est fait pour les aider à franchir les obstacles. Dans l’enseignement supérieur, cette aspiration à la poursuite d’études est considérée comme une anomalie et les bacheliers professionnels ne sont pas accueillis à bras ouverts.

    Au milieu de la décennie 2000, le bac pro a adopté plusieurs visages ; c’est devenu un diplôme très hétérogène, qui ne ressemble plus au modèle promu lors de sa création. Par ailleurs, sa croissance a ralenti, même si 200 000 élèves, auxquels s’ajoutent 45 000 apprentis, préparent ce diplôme en 2007. Ses performances sur le marché du travail comme dans l’enseignement supérieur sont jugées insuffisantes. Cette critique est portée par les pouvoirs publics, qui adressent plusieurs reproches à la voie professionnelle, jugée coûteuse et peu efficiente. Ils estiment qu’il y a trop de diplômes, trop de spécialités, trop de décrocheurs, trop d’examens… et trop d’enseignants.

    Il s’avère par ailleurs que la relance du CAP, reconfiguré en 2002, n’est pas aussi vigoureuse que prévu, et que le BEP n’est pas devenu le diplôme « propédeutique » que souhaitait le ministère. Deux titulaires du BEP sur trois poursuivent leur formation, mais seulement un entrant en BEP sur deux.

    Considéré comme un obstacle au développement du bac pro, le BEP devient un problème. À ce problème s’en ajoute un autre, qui va bien au-delà de la voie professionnelle : le taux d’accès d’une génération au niveau du baccalauréat ne progresse plus et stagne aux alentours de 70 %.

     

    Un nouveau cursus et un nouveau profil pour le bac pro

     

    Pour résoudre ces différents problèmes, un grand programme de réforme est mis en place en 2007 dans la voie professionnelle, à l’initiative du nouveau gouvernement. Ce projet de « rénovation » (on ne parle pas de réforme) s’adresse à ses trois principaux diplômes, dans l’objectif énoncé maintes fois de « revaloriser la voie professionnelle », de mettre le bac pro à parité avec les autres baccalauréats, ce qui n’est pas non plus nouveau, mais aussi de mieux assurer les liens du bac pro avec l’enseignement supérieur, ce qui est plus inédit.

    D’importantes décisions sont prises. Le CAP est une nouvelle fois relancé et le bac pro est reformaté. Au lieu de 4 ans, il se préparera désormais en trois ans, sans passer par un BEP. Celui-ci ne disparaît pas pour autant, il devient un diplôme « intermédiaire4 », préparé en même temps que le bac pro, afin de permettre aux jeunes tentés d’abandonner leur cursus de formation d’entrer dans la vie active munis d’un diplôme. Ces mesures sont radicales et montrent à la fois la capacité d’invention du ministère, sa rapidité à agir, et la plasticité des diplômes comme instruments de la politique éducative. Elles montrent aussi que le ministère n’hésite pas à s’affranchir des principes qu’il a édictés, quitte à se contredire.

    Observés de près, les objectifs que sert la réforme apparaissent à la fois scolaires et gestionnaires : ils doivent diminuer le coût des diplômes et de la formation tout en permettant à la France d’atteindre ses objectifs quantitatifs : conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac, mais aussi, depuis 2005, 50 % d’une génération à un diplôme du supérieur. Les besoins des entreprises passent au second plan, les organisations patronales se sont d’ailleurs prononcées contre la réforme lorsqu’elles en ont été avisées, quelques mois après son lancement.

    Sous l’effet d’une telle politique, le bac pro est-il devenu un diplôme différent de ce qu’il était auparavant ?

    Globalement, les résultats de cette réforme sont mitigés. Le nombre des inscrits en CAP diminue dans les lycées professionnels et dans l’apprentissage, comme diminuent les effectifs de la voie pro. La suppression du BEP dans l’offre de formation, elle, a en revanche bien eu lieu et à très grande vitesse. Le succès du bac pro semble également éclatant puisqu’il rassemble 535 000 élèves en 2014. Sa réussite est cependant moins flagrante dans l’apprentissage, où le nombre des inscrits diminue depuis 20105.

    Grâce à la réforme, la France a atteint l’objectif des 80 % en 2011. Depuis 2014, c’est même près de 80 % de bacheliers que compte désormais une classe d’âge. Par le nombre de ses titulaires, le bac pro est désormais le deuxième baccalauréat de France, malgré un taux de réussite moins élevé que celui de ses confrères (autour de 80 % et non pas de 90 %) : la session d’examen de 2014 rassemble ainsi 190 773 bacheliers professionnels, face à 305 667 bacheliers généraux et 129 210 bacheliers technologiques.

    Les élèves de bac pro sont plus jeunes qu’auparavant, même si 51 % d’entre eux ont encore un ou deux ans de retard. Mais comme ce rajeunissement résulte de la politique de diminution des redoublements, on ne peut pas y voir le signe d’un meilleur niveau scolaire des élèves. L’affaiblissement des taux de réussite contredit d’ailleurs cette approche. Comme l’ont signalé les enseignants interrogés dans les premiers moments de la réforme, « faire plus avec moins » s’avère difficile. Et tant qu’une seule norme scolaire dominera l’organisation des scolarités, la voie professionnelle restera une voie d’accueil des élèves en difficulté, moins légitime que les autres. Par ailleurs, 10 % des élèves inscrits en bac pro interrompent leur cursus de formation.

    Le nombre des spécialités a encore augmenté puisqu’on en dénombre 97 en 2015. Depuis 2007, dix-sept ont vu le jour, conséquence directe de la réforme. Certaines de ces créations sont intervenues pour combler un vide, lorsqu’il n’existait pas de bac pro dans un domaine, souvent parce que le ministère s’y opposait (comme dans le secteur sanitaire et social, l’optique ou les microtechniques). Le MEN a donc changé opportunément d’avis. D’autres créations ont eu lieu pour réduire la transversalité du diplôme, que les organisations représentatives n’apprécient pas forcément, qu’elles soient patronales ou syndicales.

    Malgré ces innovations, la part des spécialités tertiaires est restée inchangée : 58 % en 2014. Trois domaines de spécialités concentrent cependant la moitié des effectifs : commerce vente, tertiaire administratif et domaine sanitaire et social, qui ne sont pas non plus ceux où la reconnaissance du diplôme est la mieux assurée. Cette importance des spécialités des services explique la montée en puissance des filles, qui sont désormais presque aussi nombreuses que les garçons à obtenir le diplôme (92 000 face à 99 000 garçons, chiffre qui pourrait bien changer si l’offre de formation poursuit la même évolution).

    Les modes d’accès à l’emploi n’ont pas non plus radicalement changé. « L’activité professionnelle hautement qualifiée » à laquelle le Code de l’éducation corrèle le bac pro (article D337-51) ne semble toujours pas accessible aux débutants. On ne peut pas pour autant affirmer que les bacheliers professionnels se substituent aux titulaires de CAP ou de BEP, tant les pratiques de recrutement et de gestion des ressources humaines des employeurs sont multiples6.

    C’est sur les liens avec l’enseignement supérieur que les avancées semblent les plus nettes, bien que le curriculum général du diplôme n’ait pas été révisé. Toutefois, c’est surtout le BTS que ces liens privilégient, même s’il n’existe pas de BTS pour tous les bacs pros et si les enseignants de BTS résistent à l’invasion massive des bacheliers professionnels. Différentes mesures se succèdent dans ce but depuis plusieurs années. Depuis 2005, les titulaires d’une mention Très bien et Bien ont par exemple une place de droit dans une STS. Comme cette disposition s’est révélée peu efficace, des quotas de places doivent être réservés aux bacheliers professionnels sur proposition du recteur. Les propositions vont bon train, tant il est clair que les bacheliers professionnels ne sont pas les bienvenus dans l’enseignement supérieur. Il peut s’agir de la création d’un BTS bis dédié aux bacheliers professionnels ou d’une licence idoine, ou encore de la mise en place d’une année facultative de transition entre bac pro et BTS. Officiellement, il s’agit d’éviter l’échec aux jeunes issus du bac pro, qui peinent à obtenir une licence lorsqu’ils sont inscrits à l’université. De fait, de nouvelles formes de segmentation de l’enseignement supérieur sont appelées, pour confiner les bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur court. L’égalité entre les baccalauréats est donc loin d’être acquise.

    Le bac pro est resté un diplôme à part malgré ses récentes transformations. Si une nouvelle étape a été franchie dans l’intégration de la voie professionnelle au sein du système éducatif, les démarcations demeurent néanmoins, en invitant à considérer les diplômes professionnels et ceux qui les préparent par leurs manques. L’injonction à la poursuite d’études, qui prévoit désormais de conduire 60 % d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur en 2025, conduit ainsi à considérer le bac pro comme un diplôme incomplet, au référentiel inadapté. On peut donc s’attendre à une nouvelle réforme dans la voie pro, assortie d’autres innovations dans l’enseignement supérieur, pour produire de nouvelles formes de ségrégation entre les filières, les diplômes et les publics.

     

    1. La décision a été prise en juin 1985 et les premières sections de formation ont été ouvertes à titre expérimental à la rentrée de la même année.

    Officiellement cependant, c’est le décret du 27 novembre 1985 qui crée le bac pro, suivi par la loi du 23 décembre 1985. Il faut attendre le décret du 11 mars 1986 pour que soit défini le règlement général du diplôme.

     

    2. Le bilan du CCF, réclamé par les syndicats enseignants avant chacune de ses extensions, n’a cependant jamais été réalisé. C’est par ailleurs seulement en 1997 qu’une note de service a défini cette modalité d’évaluation.

     

    3. Ces chiffres proviennent des éditions de 1988 et de 1992 de Repères et références statistiques, publication annuelle du ministère de l’Éducation nationale. Ils rassemblent le public et le privé et concernent la France métropolitaine.

     

    4. Chaque spécialité de bac pro comporte un diplôme intermédiaire, que les formés ont obligation de passer en cours de formation. Ce diplôme est un CAP dans certains cas. Ces CAP peuvent cependant être préparés isolément, ce qui n’est plus le cas pour les BEP.

     

    5. C’est aussi le cas du brevet professionnel ; cette baisse ne résulte pas de la concurrence entre les deux diplômes (67 000 apprentis préparaient un bac pro en 2010, contre 59 000 en 2013).

     

    6. Dans le commerce par exemple, un même emploi peut être occupé par des titulaires de bac pro comme par des diplômés de CAP, des non diplômés ou des titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Dans certaines activités, comme la cuisine, le CAP reste par ailleurs préféré au bac pro. Les employeurs affirment souvent que c’est sur la carrière qu’ils font la distinction entre les diplômés, les bacheliers professionnels ayant ainsi plus de chances d’être promus que les titulaires d’un CAP ou d’un BEP (Maillard, 2010). Ce discours n’est cependant pas unanime, promotion et « personnalité» étant souvent associées pour éviter de faire prévaloir le diplôme.