• - En grève le 27 comme 30% des PLP, en grève le 9 octobre plus nombreux encore!

     

    - En grève le 27 comme 30% des PLP, en grève le 9 octobre plus nombreux encore!

     
       
     

    Voie professionnelle : entre 13 % et 30 % de grévistes. Des syndicats s’inquiètent des grilles horaires du CAP et du bac

    À l’appel de plusieurs syndicats, "entre 20 et 30 %" d’enseignants de la voie professionnelle ont fait grève le 27 septembre 2018, affirme le Snuep-FSU. Le MEN en dénombre 13,51 %. Après l'examen en CSL des grilles horaires qui doivent s’appliquer à la rentrée 2019, le Snuep-FSU dénonce "la baisse du volume disciplinaire" en CAP et en bac pro. De son côté, le Snetaa-FO, qui n’a pas appelé à la grève, écrit au Dgesco que les "améliorations" des grilles ne sont pas "suffisantes". Il a posé comme condition aux négociations la suppression "d’aucun poste dans l’enseignement initial public".

     

    Selon le ministère de l'Éducation nationale, 13,51 % des enseignants de la voie professionnelle ont fait grève ce jeudi 27 septembre, à l’appel de plusieurs organisations syndicales. De son côté, le Snuep-FSU dénombre "entre 20 % et 30 %" d’enseignants grévistes quand le Snalc en compte 30 % en Île-de-France, ainsi que 2 000 manifestants.

    Depuis la fin du mois d’août, une intersyndicale de la voie professionnelle (1) réclame des précisions sur les modalités de mise en œuvre de la réforme de la voie professionnelle. La plupart de ces organisations, à l’exception du Snetaa ont ensuite appelé à la grève.

    Les grilles horaires étudiées en CSL

    Plusieurs textes concernant la voie professionnelle ont été étudiés en Commission spécialisée des lycées, le 26 septembre 2018. Parmi eux, deux projets d’arrêtés portant sur l’organisation des enseignements en CAP et en bac professionnel. Les textes prévoient une application à partir de la rentrée 2019 pour les élèves de 1re année de CAP et de seconde professionnelle.

    En voici les principaux aspects, outre les grilles horaires

    Volume horaire d’accompagnement. Parmi les "enseignements obligatoires" figure un "volume horaire dédié à la consolidation des acquis, à l’accompagnement personnalisé et à la préparation à l’orientation". "Il peut s’agir de soutien, d’aide individualisée, de tutorat, d’aide à la poursuite d’étude ou de tout autre mode de prise en charge". En bac pro, cet enseignement comporte, en terminale, "une préparation à l’insertion professionnelle ou à la poursuite d’études supérieures".

    Co-intervention. La co-intervention est assurée par "le professeur d’enseignement professionnel conjointement avec le professeur de français ou le professeur de mathématiques, selon le cas".

    Volume horaire des enseignements. "Le volume des enseignements et des activités" est limité à "huit heures par jour et 35 heures par semaine". Les seuils de dédoublement de groupe-classes sont aussi renseignés : "à partir du 18e élève" en français, histoire-géographie et maths, "à partir du 16e élève en langue vivante", etc.

    Volume complémentaire heures-professeur. En baccalauréat professionnel, "au total des enseignements s’ajoute un volume complémentaire d’heures-professeur de 12 heures et 30 minutes hebdomadaires en moyenne". L’arrêté en indique les modalités de calcul.

    Adaptation à l'élève. Lorsque la préparation du diplôme est effectuée sur une durée du cycle de un an ou de trois ans, les volumes horaires et leur répartition sont à adapter aux besoins des élèves, dans le cadre du projet d’établissement.

    Deux projets d’arrêtés portant sur la création d’un bac professionnel "métiers du commerce et de la vente" et "métiers de l’accueil" étaient également présentés dans le cadre de l'élaboration de la famille de métiers "métiers de la relation client, du commerce et de la vente" qui être introduite à la rentrée 2019.

    Ces textes doivent être présentés en Conseil supérieur de l’éducation le 10 octobre prochain.

    Des syndicats non satisfaits des grilles horaires

    Voici les réactions du Snuep-FSU, du Snetaa-FO et de la CGT Educ’action.

    Snetaa-FO : des "améliorations insuffisantes" des grilles horaires

    Le premier syndicat de la voie professionnelle, qui n’a pas appelé à la grève ce jour, a adressé un courrier au Dgesco le 26 septembre, dont AEF info a pu prendre connaissance. Dans celui-ci, le Snetaa-FO pose des conditions à la poursuite des négociations avec le ministère : la réforme "ne doit supprimer aucun poste dans l’enseignement initial public".

    Les grilles horaires, qui "sont encore en discussion", "reflètent de nettes améliorations". Le syndicat pointe ainsi des "seuils de dédoublement" et des répartitions entre enseignements généraux et professionnels qui "ont évolué favorablement". Cependant, ces grilles sont "encore insuffisantes". "Personne ne pourrait entendre qu’une baisse de la dotation puisse s’inscrire dans l’arrêté définitif", prévient le syndicat qui demande "aucune diminution de la DHG par rapport à l’existant". "C’est à cette seule condition que de nouvelles modalités pédagogiques peuvent être saisies par les collègues", poursuit-il, faisant notamment référence à l’introduction de co-intervention.

    Le syndicat émet plusieurs autres demandes : une note de service "permettant des possibilités de fléchage clair dans les établissements", une "journée banalisée" afin que les enseignants puissent faire des "propositions" concernant "les nouvelles modalités pédagogiques", ou encore "des moyens de concertation" fléchés pour la co-intervention. Le Snetaa souhaite que "les six premières heures de 'co-intervention' soient affectées à de la concertation pour un travail transversal de qualité".

    Le Snetaa demande enfin que les DHG soient abondées "en heures-professeurs" afin "qu’aucun moyen ne soit perdu". Il exige également "des discussions" sur "un grand nombre de sujets" : les référentiels, les programmes, l’articulation entre CAP et baccalauréat professionnel, la place des langues vivantes, etc.

    SNUEP-FSU : ces grilles horaires représentent 3 500 suppressions de postes en 3 ans

    Le Snuep-FSU "n’accepte toujours pas la baisse du volume disciplinaire pour les élèves", déclare le syndicat le 27 septembre. "Sur l’ensemble de leur cursus, les élèves de lycées professionnels perdront 7 semaines de cours en bac pro et 4 semaines en CAP", estime-t-il. "En l’état, ces grilles horaires permettraient de supprimer 900 postes de l’enseignement professionnel à la rentrée 2019 et près de 3 500 postes en 3 ans", alerte-t-il, avec le Snep-FSU.

    Le Snuep fait savoir "qu’il a demandé au ministère de revoir les grilles notamment en augmentant le volume disciplinaire en LV2, en sciences-physiques, en arts appliqués et en EPS". Il souhaite également que "la co-intervention ne soit pas gravée dans les grilles horaires" et que "ce volume horaire soit réintégré dans le volume horaire disciplinaire en français et en mathématiques". Le syndicat demande aussi "qu’apparaisse clairement dans les textes que la co-intervention soit financée à la hauteur de 2 heures-professeur pour chaque heure élève". Parmi les revendications du Snuep, figure aussi "un cadrage national du volume horaire dédié à la consolidation des acquis, l’accompagnement personnalisé et la préparation à l’orientation", ainsi qu’une "augmentation du volume complémentaire d’heures-professeur notamment pour permettre un travail en effectif réduit dans toutes les disciplines d’enseignement général".

    "Pas de bac pro gestion administration bis" pour le Snuep et la CGT Educ’action

    La CGT Educ’action et le Snuep-FSU s’opposent également, dans un communiqué commun le 27 septembre 2018, à "la fusion des bacs pros vente et commerce" au sein de la seconde famille de métiers "vente, commerce, ARCU" qui devrait être mise en œuvre à la rentrée 2019. "Nous ne les laisserons pas faire un bac pro gestion administration bis", déclarent-ils.

    "Le ministère laisse entendre, à qui veut le croire, que la transformation des bacs pros vente commerce n’est pas une fusion mais un nouveau bac pro à options." Or, selon la CGT Educ’action et le Snuep, "c’est bien d’une fusion déguisée dont il s’agit car ce sont "80 % des enseignements qui fusionnent".