• Déclaration FSU du CTA du 20 juin 2017: Partie Voie Pro

    Développement de l’apprentissage :

     

    En réponse aux grandes orientations stratégiques pour le développement de l’apprentissage de la grande région académique, la FSU rappelle qu’elle s’oppose au « tout apprentissage », au mixage des publics dans les sections qui dégrade les conditions de réussite des apprentis et les conditions de travail de leurs professeurs, à la concurrence entre CF-ENA et les autres CFA - et surtout entre CFA et statut scolaire, toujours en défaveur de ce dernier -, à l’adéquationnisme entre formations et demandes des entreprises, qualifications adaptées à un marché du travail local, dans un monde de mobilité professionnelle, au refus total de la validation de blocs de compétence, de MC  ou de FCIL en lieu et place de diplômes sur lesquels sont assises les grilles de rémunération des branches, surtout dans un contexte de négociation dans l’entreprise.

     

    Quoiqu’en pensent les Régions de France, les thinks tanks Terra Nova et l’Institut Montaigne, le Président de Région et le Président de la République, l’apprentissage n’est pas la solution.

     

    Il ne peut résoudre les problèmes d’attractivité des métiers (image, conditions de travail et de rémunération), la résorption des plus des 600 000 chômeurs que compte la Région AURA, les blocages de progression dans l’entreprise car l’apprentissage reste discriminant. On sera apprenti ou pas selon que l’on est un garçon, avec un nom à consonance européenne, venu de quartiers favorisés et plutôt diplômé ou pas du tout.

     

    D’autres pays européens, en Suisse par exemple, ont rééquilibré leur système éducatif en créant un bac pro 4 ans pour favoriser la montée des qualifications via l’université et les écoles d’ingénieurs. En conséquence, la FSU demande le rétablissement du bac pro 4 ans pour favoriser la montée des bacheliers de la voie PRO dans le supérieur.

     

    Dans le modèle allemand, si l’apprentissage reste pertinent dans l’industrie, c’est qu’il est adossé à des rémunérations supérieures à celles des ouvriers français malgré le dumping salarial et grâce à l’évolution professionnelle dans l’entreprise. Par ailleurs, le patronat recrute des ingénieurs étrangers et on assiste et à un renforcement des formations universitaires visant à former plus d’ingénieurs.

     

    Mais dans le cadre des services marchands, l’apprentissage devient inopérant : les apprentis pour 40% d’entre eux n’intègrent pas l’entreprise qui les a formés. Ils retombent dans la précarité, notamment dans l’hôtellerie-restauration, parce qu’ils n’ont pas développé des compétences assez générales pour rebondir sur le marché de l’emploi.

     

    Il faut donc faire le pari d’ouvertures de sections sous statut scolaire dans l’Éducation Nationale, que ce soit à Charles et Adrien Dupuy au Puy en Velay ou à Commentry !

     

    Pour la FSU, le service public d’Éducation doit tout mettre en œuvre pour faire réussir les 700 000 élèves scolarisés dans la voie pro et ne doit reléguer leur formation ni aux collectivités territoriales ni aux entreprises.