• Déclaration FSU CTA du 20 juin 2017

    Le CTA s'est tenu sur Clermont-Ferrand de 14h à 19h /

     

     

    DÉCLARATION FSU au CTA du 20 juin 2017

     

     

     

    Un nouveau temps politique commence : dans le contexte d’une abstention forte, un nombre important des suffrages qui se sont portés sur le nom du président de la République ont exprimé avant tout le rejet du front national. Il ne s’agit donc pas d’un chèque en blanc donné au nouveau président qui porte dans son programme des mesures pour la Fonction publique et pour l’éducation avec lesquelles la FSU a déjà exprimé tout son désaccord.

     

    Pour autant, la présence du front national lors des élections est inquiétante, la FSU poursuit son travail d’explication et de persuasion pour contrer le danger que constituent les idées d’extrême droite pour notre démocratie. Cela implique également de lutter contre les inégalités, les injustices sociales et les politiques libérales qui favorisent leur progression depuis des années. Pour y faire face, la FSU porte et continue de porter des propositions alternatives pour une société plus juste et plus solidaire. C’est cette orientation qu’elle continuera de défendre avec les personnels.

     

    La séance politique qui s’achève vient de porter à la tête de l’Etat une majorité politique qui bénéficiera des pleins pouvoirs pour gouverner. La FSU alerte déjà sur les annonces du président de la République de gouverner par ordonnances. Un nécessaire contrôle démocratique devra continuer à s’exercer, tout comme le dialogue social.

     

    La FSU s’oppose d’ores et déjà à la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, car les services publics, déjà dégradés par le manque d’emplois et l’évolution des missions, sont indispensables au maintien de la cohésion sociale.

     

    En ce qui concerne l’Education Nationale, le nouveau ministre a multiplié les annonces qui nécessitent a minima des éclaircissements et des informations sur les modalités de mise en œuvre et les moyens supplémentaires débloqués. A trois mois de la rentrée scolaire, il a décidé de faire table rase sur la rentrée préparée par le précédent ministère, en remettant en question des fonctionnements et des dispositifs qui vont avoir des conséquences immédiates pour les élèves, comme pour les enseignants. La FSU s’interroge sur l’urgence à mettre en œuvre des mesures qui n’ont pas été prévues au budget, sans évaluation de ce qui était en cours et sans concertation avec les personnels. Elle rappelle que le temps de l’école n’est pas celui du politique.

     

     

     

    CP à 12 en REP+ :

     

    La baisse des effectifs par classe est une priorité mise en avant à maintes reprises par la FSU. Ceux-ci sont particulièrement élevés en France en comparaison de la plupart des pays de niveau équivalent. C’est une urgence pour l’école primaire française pour lui permettre enfin de réduire les inégalités. Mais décréter que les classes de CP en REP+ seront à 12 élèves entraîne mécaniquement des hausses partout ailleurs. La FSU le condamne.

     

    Le redéploiement des postes de « plus de maîtres que de classes » est une grave erreur car il consiste à supprimer un dispositif prometteur au service des élèves, plébiscité par les enseignants, et sans évaluation sérieuse. Cela signifie en outre, à la veille de la rentrée scolaire, une redéfinition des tâches au sein des écoles concernées et une redéfinition des missions des enseignants actuellement sur ces postes qui auront à changer de poste. Dans notre académie, 10,5 postes sont concernés dans les départements de l’Allier et du Puy-De-Dôme, c’est inacceptable. Sans compter qu’il faudra chercher d’autres postes complémentaires pour « financer » ce bricolage de dernière minute. La FSU lance d’ores et déjà une alerte sur la future carte scolaire dans la mesure où ce dispositif doit être étendu en 2018 aux CE1 en REP+ et aux CP-CE1 en REP ! Des moyens supplémentaires doivent être donnés en conséquence à l’académie, la FSU y veillera.

     

     

     

    Adaptation des rythmes scolaires :

     

    La FSU n’est pas dupe de la remise en cause précipitée des rythmes scolaires : elle n’obéit ni à une réelle prise en compte des rythmes de l’enfant et des attentes des enseignants, ni à la nécessité de création d’un service public d’activités péri-scolaires de qualité et équitable sur tout le territoire. Le contexte électoral a largement pesé sur l’urgence d’entreprendre ce chantier. La FSU est par contre préoccupée de cette précipitation qui impose aux écoles, aux familles et aux collectivités locales des modifications importantes à trois mois de la rentrée scolaire. Ce décret orchestre également un désengagement de l’Etat dans le domaine du périscolaire sans se préoccuper de la situation de l’emploi des personnels territoriaux, souvent en contrats précaires.

     

     

     

    Aménagement de la réforme du collège :

     

    La réouverture de discussions sur la réforme du collège est le fruit des luttes menées depuis 18 mois par le SNES-FSU et la profession pour dénoncer le caractère inefficient et injuste de cette réforme. Le nouveau ministère a communiqué sur le nouvel arrêté présenté en CSE le 8 juin qui « aménage la réforme » en vantant le rétablissement des bilangues, des sections euros, des anciens horaires de langues et cultures de l’antiquité en 4e et 3e, « l’assouplissement » des EPI et en prétendant donner de la « liberté aux équipes pédagogiques ». Or, aucun moyen spécifique n’est attribué par le rectorat et l’objectif est clairement de renforcer l’autonomie des collèges et donc les pouvoirs des chefs d'établissement. La mise en concurrence entre les disciplines, les horaires différents d’un établissement à l’autre pour la même discipline sont inéluctables, le tout sous la coupe du chef d’établissement. A quelques mois de la prochaine rentrée, alors même que les répartitions de moyens et de service sont faits, il faudrait tout rediscuter localement et académiquement, sans moyens supplémentaires. Cela est peu crédible.

     

    Malgré ces bougés largement insuffisants qui ne répondent qu'en partie aux attentes de la FSU, une certaine liberté pédagogique a été rendue aux équipes. La FSU continuera à les informer et à les mobiliser. Il continue d’appeler à l'abrogation de cette Réforme du collège et réclame de nouvelles discussions pour une autre réforme du Collège qui réduise les inégalités scolaires.

     

    Devant la difficulté et la surcharge de travail, en particulier à cause des nouvelles modalités d'évaluation, la FSU demande l’ouverture rapide d’une réflexion visant à simplifier l’évaluation et le DNB.

     

     

     

    Devoirs faits :

     

    Le programme présidentiel prévoit un accompagnement après les cours dans l’établissement pour l’aide aux devoirs. La FSU acte positivement cette annonce qui doit permettre de combattre les inégalités sociales et éducatives entre les élèves sur tout le territoire. Ce projet suscite néanmoins de nombreuses questions. Cette aide sera-t-elle obligatoire ? Comment seront aménagés les transports scolaires pour permettre à tous les élèves d’accéder à ce dispositif ? Qui seront les intervenants : personnel enseignant de l'établissement, assistants pédagogiques ? Comment seront-ils rémunérés ? S'il s'agit d'enseignants de l'établissement, l'aide aux devoirs ne peut être que sur la base du volontariat. Si l'aide aux devoirs doit être assurée par des assistants pédagogiques, cela suppose des recrutements massifs et une formation adaptée. La FSU sera très vigilante sur la mise en place concrète de cette politique et demande un cadrage national.

     

     

     

    AED-AESH :

     

    Pour la rentrée 2017, la dotation académique bien que constante est toujours insuffisante au regard de la nécessité d’un encadrement suffisant des élèves dans les écoles et établissements. Nous pointons cependant une baisse de plus de 6% dans le Cantal, qui ne saurait être justifiée par la baisse des effectifs, alors que la prévision des effectifs pour 2017 fait état d’une augmentation. Au niveau académique, l’augmentation des effectifs de 5% devrait se traduire par une augmentation a minima de 5% des effectifs AED.

     

    Nous rappelons par ailleurs les propos du ministre concernant le remplacement de courte durée des enseignants par les AED. Ce n’est pas et ce ne peut être leur mission, qui doit est centrée sur des fonctions d’assistance à l’équipe éducative notamment pour l’encadrement, la surveillance des élèves et l’aide à l’accueil, la prise ne charge des élèves en cas d'absence ponctuelle d'un enseignant et à l’accompagnement des élèves en situation de handicap. La FSU demande la mise en place d'une véritable formation sur le temps de travail, dès le début du contrat et avant la prise de fonction.

     

     

     

    Les personnels intervenant sur la mission d’accompagnement des élèves en situation de handicap sont aussi embauchés en contrat aidé. La FSU demande qu’un complément d’information soit porté à la connaissance du CTA sur le nombre de personnes en contrat CUI-CAE dans l’académie, avec leur répartition entre départements et leur lieu d’exercice. Un plan de « transformation » de ces contrats a été lancé par le précédent gouvernement, à raison de 6 400 emplois d’AESH supplémentaires par an. La FSU demande que les contractuels en CUI-CAE éligibles soient réemployés. Enfin, la FSU attire l’attention sur la situation des personnels en CUI-CAE qui assurent des missions autres que celles d’accompagnement des élèves en situation de handicap et qui ne bénéficient pas à l’heure actuelle des mêmes perspectives en terme de réemploi. L’aide administrative au directeur d’école fait partie intégrante de l’allègement des tâches des directrices et directeurs d’école, la FSU demande à ce qu’elle soit pérennisée en tant que telle.

     

     

     

    Concernant les personnels de laboratoire, au moins huit postes restent vacants dans toute l’académie. La FSU demande par quels moyens ces postes seront pourvus à la rentrée 2017.

     

     

     

    Non-titulaires enseignants :

     

    La FSU apprécie que la majeure partie de ses observations portées lors des deux groupes de travail ait été prise en compte, à savoir la prise en compte du niveau de qualification pour l’indice de recrutement, le reclassement indiciaire des Agents Non Titulaires, ainsi qu’un déroulement de carrière pour les agents en CDD, accéléré sur les premiers échelons. Ces mesures, encore loin d’un processus de titularisation que nous réclamons, représentent néanmoins une avancée qui donne des perspectives aux enseignants non titulaires.

     

    La FSU regrette cependant que le décret de 2014 sur la réévaluation n’ait pas été appliqué en son temps. Nous notons une différence entre le reclassement des enseignants contractuels de l’enseignement professionnel et ceux de l’enseignement général au détriment de ces derniers. Nous appelons le rectorat à veiller à ce que ces mesures ne lèsent aucun personnel, à savoir que le reclassement n'entraine pas une baisse de salaire. Pour la mise en œuvre, nous rappelons notre demande de reclassement des enseignants dans un premier temps à l’indice correspondant à leur niveau de qualification, puis que l’ancienneté soit prise en compte pour le reclassement final. Nous demandons la rétroactivité de ces mesures.

     

     

     

    Développement de l’apprentissage :

     

    En réponse aux grandes orientations stratégiques pour le développement de l’apprentissage de la grande région académique, la FSU rappelle qu’elle s’oppose au « tout apprentissage », au mixage des publics dans les sections qui dégrade les conditions de réussite des apprentis et les conditions de travail de leurs professeurs, à la concurrence entre CF-ENA et les autres CFA - et surtout entre CFA et statut scolaire, toujours en défaveur de ce dernier -, à l’adéquationnisme entre formations et demandes des entreprises, qualifications adaptées à un marché du travail local, dans un monde de mobilité professionnelle, au refus total de la validation de blocs de compétence, de MC  ou de FCIL en lieu et place de diplômes sur lesquels sont assises les grilles de rémunération des branches, surtout dans un contexte de négociation dans l’entreprise.

     

    Quoiqu’en pensent les Régions de France, les thinks tanks Terra Nova et l’Institut Montaigne, le Président de Région et le Président de la République, l’apprentissage n’est pas la solution.

     

    Il ne peut résoudre les problèmes d’attractivité des métiers (image, conditions de travail et de rémunération), la résorption des plus des 600 000 chômeurs que compte la Région AURA, les blocages de progression dans l’entreprise car l’apprentissage reste discriminant. On sera apprenti ou pas selon que l’on est un garçon, avec un nom à consonance européenne, venu de quartiers favorisés et plutôt diplômé ou pas du tout.

     

    D’autres pays européens, en Suisse par exemple, ont rééquilibré leur système éducatif en créant un bac pro 4 ans pour favoriser la montée des qualifications via l’université et les écoles d’ingénieurs. En conséquence, la FSU demande le rétablissement du bac pro 4 ans pour favoriser la montée des bacheliers de la voie PRO dans le supérieur.

     

    Dans le modèle allemand, si l’apprentissage reste pertinent dans l’industrie, c’est qu’il est adossé à des rémunérations supérieures à celles des ouvriers français malgré le dumping salarial et grâce à l’évolution professionnelle dans l’entreprise. Par ailleurs, le patronat recrute des ingénieurs étrangers et on assiste et à un renforcement des formations universitaires visant à former plus d’ingénieurs.

     

    Mais dans le cadre des services marchands, l’apprentissage devient inopérant : les apprentis pour 40% d’entre eux n’intègrent pas l’entreprise qui les a formés. Ils retombent dans la précarité, notamment dans l’hôtellerie-restauration, parce qu’ils n’ont pas développé des compétences assez générales pour rebondir sur le marché de l’emploi.

     

    Il faut donc faire le pari d’ouvertures de sections sous statut scolaire dans l’Éducation Nationale, que ce soit à Charles et Adrien Dupuy au Puy en Velay ou à Commentry !

     

    Pour la FSU, le service public d’Éducation doit tout mettre en œuvre pour faire réussir les 700 000 élèves scolarisés dans la voie pro et ne doit reléguer leur formation ni aux collectivités territoriales ni aux entreprises.

     

     

     

    PPCR :

     

    La poursuite de l’amélioration des carrières ne revêt apparemment pas un caractère urgent. Des groupes de travail restent à programmer dans l’Education nationale, notamment pour ce qui concerne la hors classe et la classe exceptionnelle. La FSU demande que l’application des mesures PPCR ne soient pas compromises, par exemple pour des raisons budgétaires.

     

     

    Conclusion :

     

    Pour la FSU, le rôle et l’objectif du système éducatif sont et doivent être la réussite de tous les jeunes. C’est- à-dire que la nation doit leur assurer un parcours scolaire réussi, l’obtention d’un diplôme et d’une qualification, l’acquisition d’une culture commune de haut niveau. Le rôle émancipateur de l’École est essentiel et chaque jeune doit pouvoir construire son projet personnel et professionnel. Son rôle est également fondamental pour permettre à la société de faire face à tous ses besoins et défis. La réussite scolaire, la lutte contre les inégalités et contre l’échec scolaire, se jouent de l’école maternelle à l’enseignement supérieur. Ce qui suppose de bien articuler les différents niveaux d’enseignement. Pour la FSU, cela se joue dans la classe et les conditions de réussite sont donc essentielles : effectifs par classe, équipements des écoles et des établissements, pratiques pédagogiques, RASED, formation des enseignants et personnels d’éducation... Il s’agit d’y répondre tant en termes qualitatifs qu’en termes de moyens à la hauteur des besoins. C’est l’un des défis que devra relever le nouveau ministre de l’Education nationale. La FSU y veillera et restera une force de propositions pour améliorer le système éducatif. Cela implique un dialogue de qualité, à tous les niveaux, car rien ne se fait sans les personnels.